On raconte en riant cette question qu’un enfant nous a posée et qui nous a dérangés. Mais on oublie une chose : nous posons aussi des questions gênantes aux enfants, et elles les mettent mal à l’aise.

Dialoguer avec les enfants n’est pas simple. Souvent ils répondent par oui ou non, parfois par “je ne sais pas”. Les adultes, eux, veulent des explications, de la clarté, tout détaillé. On oublie qu’on parle à des enfants. Voyons quelles questions les mettent mal à l’aise et comment gérer ces moments.
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Index
- 1 Des questions gênantes sur votre comportement
- 2 Et avez-vous déjà un petit ami ou une petite amie ?
- 3 Que veux-tu faire quand tu seras grand ?
Des questions gênantes sur votre comportement
Qui ne l’a jamais sorti ? “Allez, dis bonjour ! Fais un bisou à…” Les enfants ne font pas confiance facilement à des inconnus. Pour nous adultes, saluer relève de la politesse. Eux n’ont pas encore intériorisé cette règle. Leur salutation est plus spontanée, plus sincère. Forcer un enfant à saluer, puis le questionner sur son refus, c’est le mettre dans une position délicate.
Certains enfants ne supportent pas le contact physique. Ils n’aiment pas être touchés, pas être câlinés. Dire bonjour leur est pénible. Le mieux est d’expliquer qui est cette personne et de les laisser choisir comment la saluer.
Vous avez peut-être vu votre enfant grimacer avant un bisou. Ne lui en demandez pas un dans ces cas-là. L’affection prend plusieurs formes. Une poignée de main, s’asseoir sur les genoux, un sourire, c’est aussi de l’affection. Ne lui posez pas la question “tu l’aimes bien ? Tu veux lui faire un bisou ?”. Le baiser est une question de consentement pour l’enfant. Ne la forcez pas.
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Et avez-vous déjà un petit ami ou une petite amie ?
À la maternelle, les enfants imitent les adultes. Il y a toujours un ami avec qui il crée un lien particulier. Et inévitablement, on l’entend dire : “On m’a dit que tu avais un petit ami”. C’est généralement quelqu’un qui cherche juste à se moquer.
Imaginez qu’on vous pose cette question en ricannant. Vous êtes mal à l’aise. L’enfant aussi. Et puis, les enfants ne captent pas l’ironie, l’humour des adultes. Pour eux, vous êtes sérieux.
Honnêtement, c’est une question banale et maladroite. Elle ne mène nulle part. Les enfants jouent, c’est comme ça qu’ils créent des liens. Ils donnent des rôles à leurs camarades de jeu. Mais passer du jeu à l’interrogatoire, c’est un grand saut.
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Que veux-tu faire quand tu seras grand ?
C’est une question que nous posons souvent sans y penser. Avec le temps, les enfants finissent par fabriquer une réponse parce qu’on la leur pose tant. Mais en réalité, ils s’en fichent. Ils ne pensent pas au futur, ne savent pas ce que c’est vraiment d’être adulte ou d’avoir un métier.
Et nous ? On ne se contente pas de demander ce qu’ils veulent être. On enchaîne : “Pourquoi ?”. “Tu devras étudier dur pour ça”. Ou on est déçus par leur réponse. À chaque nouvelle question, l’enfant sent qu’il n’a pas donné la bonne réponse. Qu’il a échoué.
Soyons bienveillants. On pose probablement des questions qui gênent nos enfants sans nous en rendre compte. Pour l’éviter, ne les traitons pas comme des adultes et parlons à leur hauteur.
